30.09.2008
Le New Deal de Kourtrajmé
"Regarde on dirait pas Bagdad ce bâtiment ? Y pue pas sa grand mère ? Ici c'est la merde mon frère." En capturant le discours de Byron, le tôlier de la cité, la caméra de Ladj Ly a encore frappé. Habitué au style documentaire, l'un des piliers de Kourtrajmé, auteur du surviolent "365 jours à Clichy Montfermeil" tourné caméra à l'épaule lors des émeutes post-CPE, réitère avec "Go fast connexion". Même climat pesant, même atmosphère glauque, même envie de tout brûler. Mais cette fois l'ambiance est moins cocktail molotoff et plus tarpé. Le réalisateur plonge en apnée dans la fumée lourde et épaisse du trafic de bedo. A 20 minutes de Paris, les dealers sont à huit heures sur le ter-ter et les kilos de shit se découpent comme des plaquettes de beurre. Au milieu des buildings blafards aux murs décrépis, les quartiers sont des "territoires", les amis sont des "collègues" et les les flics, tous des "fils de pute"... Et si cela n'était qu'une fiction ? C'est ce que nous apprend la chute de ce bel exercice de style. En l'espace d'une vingtaine de minutes Ladj Ly, démonte le système du documentaire anxiogène façon TF1 et nous remet le nez face une cité où la seule chose qui reste à faire, c’est dealer dans des cages d’escalier. Comment faire d'une fiction une œuvre plus vraie que nature.
23:34 Publié dans Cinematik | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : kourtrajmé, go fast, go fast connexion, ladj ly




