14.12.2009

Une vérité qui m'arrange

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En plein sommet de Copenhague, Mythologik à souhaité prendre la parole pour enjoindre ses lecteurs à pratiquer au quotidien, des petits gestes à vocation environnementale. Un petit geste peut, certes, paraître une goutte d'eau dans un océan, mais, tous ensemble, ce sont des millions de gestes que nous accomplirons pour oeuvrer au développement durable de notre planète et de nos sociétés. Ensemble, ne laissons pas allumés nos écrans en veille : fini les boutons rouges qui scintillent dans l'obscurité du salon.  Ensemble, éteignons les robinets quand nous nous brossons les dents. Ensemble, choisissons de nous lever le matin un quart d'heure plus tôt pour partir travailler en métro, en vélib ou en patins à roulettes en laissant au parking notre vieux tacot polueur. Ensemble, ignorons un instant nos instincts carnivores pour faire la fête au petits pois, aux carottes et aux champignons cultivés dans des fermes biologiques localisées à moins de 96 km de notre lieu de résidence... Et puis ensemble disons le bien fort : FUCK THE WORLD !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


C'est le propos qu'a choisi de tenir MTV pour faire la promotion de ses nombreuses chaînes web, télé et mobile. "Consommez plus" nous dit la référence des chaînes musicales en utilisant le métaphore du bras d'honneur à l'environnement. Et oui, fuck the world : allumons la télé sans complexe pour nous gaver de jeux, de clips et de vidéo-divertissement. Le porte parole anti-écolo et archi-consommateur de la marque pose le ton dès le début de sa réclamme : "Ici, le développement durable, on n'en a rien à foutre (...) On fait des T-Shirt, on vous les livrent dans de gros avions-cargos, un par un, pour mieux niquer la couche d'ozone". Et la provocation ne s'arrête pas là : notre gros porc capitaliste incite le spectateur de cette ignoble propagande à aller commander les t-shirts, confectionnés à la chaîne par des travailleurs clandestins, sur le site fucktheworld.fr. La mission de l'internaute consiste alors à allumer en un temps record le plus de robinets et d'appareils électriques possible en 80 secondes sous les encouragements bien gras du patron de l'usine : "Et oui, un robinet grand ouvert c'est toujours moins d'eau pour les petits enfants qui crèvent de soif", "Excellente inititive : du papier, du papier vas-y continue !". au milieu de toutes ses allumages criminels, l'argumentaire de vente de la marque s'est ingénieusement glissé quand on décide de brancher un téléphone :  "bravo tu viens d'allumer MTV sur ton mobile, mais c'est pas suffisant, car tu peux aussi consommer MTV Idol, MTV Pulse et MTV Base sur ta télé..." A quand une chaîne animalière spécialisée dans les safaris de chasse aux pandas ? Ca fait tellement du bien de pouvoir tout niquer sans compter et sans une once de remord.

22.09.2009

Bingo Crédit : un crédit pour Bongo

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Au seuil d'un long voyage, qui n'augure pourtant rien d'une croisière de luxe, les mourants et les petits vieux auront enfin la possibilité de partir en grande pompe. En mettant en place le prêt trans-générationnel, Bingo Crédit leur offre en effet l'opportunité de devenir les hommes les plus riches du cimetière : tombes de marbre et d'or serties de diamants et sepultures pharaoniques grimant leur dépouille du prestige qu'ils n'avaient peut-être jamais atteint. Une seule signature en bas d'une page suffit et ils pourront partir en paix avec gloire et honneur, sans avoir à se soucier des frais de remboursement puisque ils sont automatiquement transmis aux enfants et petits enfants.

Immoral, Bingo Crédit ? Oui, à condition que cette société existe vraiment... Car il ne serait pas étonnant que ce soit un coup monté par une véritable société de crédit qui pousse le cynisme capitaliste et financier à son paraxysme pour valoriser, a contrario, son sens de la responsabilité. Plutôt astucieux donc ce démoniaque Bingo Crédit. Le dispositif de communication est d'ailleurs bien rôdé. Les films viraux invitent à composer un véritable numéro de téléphone qui incite à son tour à se rendre sur un site internet. Là, une révélation y est promise pour le 28 septembre. Alors, qui se cache derrière ces montagnes de lingos ? L'âme de Bongo ? Le sourire de Crédito ? Ou les deux à la fois ?

06.02.2009

Diesel rhabille le porno

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Ostensible nudité, corps suintant de plaisir, outrageuses moues orgasmiques… Lorsque le cul se mit à habiter le luxe, on appela ça du porno-chic. Dior vantait alors les vertus aphrodisiaques de son parfum Poison brandi tel un phallus en érection par une femme à l’abandon, Gucci taillait les poils pubiens de ses mannequins en forme de G et Sisley invitait quelques actrices X à se déshabiller pour vendre des vêtements. Ils étaient beaux alors les abris bus du matin, qui nous offraient comme des persiennes entrouvertes, ces instants de nudité suggestive avant de partir au boulot.

Ayant du faire face à la volatilité de la mode, l’expression « porno-chic » s’est doucement évaporée, abandonnant aux pornos de Marc Dorcel les vestiges de châteaux plus très chics, recyclés en plateaux de tournage. Mais en bon voyeur, l’empire de la mode n’a pas complètement rompu avec la recette du succès… En gardant bien évidemment le meilleur de la recette. Si les morceaux de textile « chic » semblent avoir été rependus à leur cintre, le porno, lui, est bel et bien resté alongé sur le matelas. Diesel vient en effet de s’approprier le bon vieux porno des années 80, l'âge d'or du sexe filmé en très gros plan.

Las de tant de nudité déshumanisée ? Rassurez-vous, le porno est ici le pilier d’une formidable idée de communication, qui redore par son habile sens de la provocation le blason de la marque de jeans. Pour célébrer ses 30 ans (XXX) Diesel a décidé d’organiser dans 30 capitales mondiales, une soirée triple X en quasi-simultané. La vidéo virale qui en a fait la promotion, fixait la tonalité orgiaque de l’événement en reprenant de véritables séquences de films. Shocking ? Point du tout. Puisque par un effet d’animation en surimpression, Diesel a rhabillé l’ensemble des protagonistes. Bienvenue dans l’ère du porno en moustache et brushing investit par Diesel qui ouvre peut-être sans le savoir, l’ère d'un porno-chic 2.0. Quel courant surpassera un jour ce retro-porno peinturluré… ? Le gonzo-chic ?

23.06.2008

Gare au gorille qui sommeille en vous

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Succédant au people du cinéma, le gratin publicitaire envahissait la croisette cannoise tout au long de la semaine dernière. Dans le palais des festivals se déroulait le Cannes Lions Festival qui remettait son lot de trophées aux agences les plus créatives de la planète. Le Grand Prix Film, la plus prestigieuse des récompenses, a cette année été décerné à l'agence londonienne Fallon, auteur d'un étrange film pour Cadburry. Au son pour le moins aérien de « In the air tonight », signé Phil Collins, la monumentale tête d'un gorille est filmée en plan serré. La caméra souligne avec une attention particulière le détail des expressions qui se lisent sur le visage de la bête anthropomorphisée. L’animal à la peau noire et cuivrée ferme les yeux, se concentre, brasse de longues bouffées d'air par ses naseaux de géant et, dans une demi-transe, bascule la tête d’avant en arrière. Soudain, comme pour marquer le pas d’une envolée, un léger rictus emprunt de férocité se distingue sur ses lèvres. Le plan de la caméra s’élargie alors pour laisser voir l’animal assis derrière une batterie, interprétant avec ardeur l’un des plus beau riff de batterie de tous les temps.

Image improbable que ce gorille installé derrière ses cymbales et sa grosse caisse, s’acharnant avec furie sur son instrument de bois, de fer et de peau. D’autant plus improbable que l’on se surprend, en tant que spectateur, à adopter les mêmes expressions faciales que cet animal sauvage emporté par les lois du beat. Quatre vint dix secondes d’émotions suffisent en effet à réveiller le gorille à la batterie qui sommeille en chacun de nous. C’est là la force de cette publicité qui n’a, a priori, rien à voir avec le produit qu’elle est sensée vendre (une tablette de chocolat au lait) : provoquer une courte mais intense séquence de bonheur, destinée à hérisser le poil du spectateur qui s’est mû en une touffe aussi drue que celle du primate. Une minute trente d’émotion. Juste le temps d’un carré de chocolat.

 

23.04.2008

Un skud de plus sur la pub

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Quand la pub n’est pas avilissante pour la ménagère de moins de 50 ans qui « lave plus blanc que blanc ». Quand la pub n’est pas lobotomisante pour le jeune cadre dynamique sommé de répéter son leitmotiv « Si juvabien, c’est juvamine, si juvabien, c’est juvamine…». Quand elle ne détourne pas la vérité  de manière douteuse comme un certain Actimel sensé « renforcer nos défenses naturelles »… Elle est, hélas, au grand damne des esprits créatifs et sans arrières pensées démoniaques, toute aussi critiquée.

En atteste cette série de campagnes à qui l’on reproche cette fois de ne pas être politiquement correcte ! Leurs contradicteurs jugent qu’elles ont, sans scrupules,  dépassé les bornes de la bienséance. Contradicteurs auxquels on pourrait répliquer que, pour une fois, et contrairement à ce qu’ils lui reprochent au quotidien, la publicité qu’ils méprisent tant, cesse de fonctionner comme une vile piqûre anesthésiante, puisqu’elle en appelle à un certain sens critique. Que neni, le consommateur n’est peut-être pas assez malin pour comprendre qu’il ne s’agit ni de racisme camouflé (Spontex), ni de récupération ignoble d’un événement historique (PlayStation), ni de détournement de contexte politique chaud-bouillant (Absolut), ni d’encouragement à saboter l’environnement en toute quiétude (McDonald's).
 
On appréciera toutefois que la critique ait répondu en toute conformité aux provocations.
  
 
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21.03.2008

NIKEiD : véhicule d'identité

LEn 2005 naissait en France le concept NIKEiD. Une initiative plutôt sympa de la part de la célèbre virgule, qui décidait de ne plus imposer sa griffe sur tous ses modèles, pour laisser une marge de manœuvre créative aux porteurs de baskets. C'était alors une vraie rupture pour la marque de pompes mondialisée : était transféré au porteur de Nike, le pouvoir créatif de sa propre paire de basket.

Trois ans plus tard, cette vidéo NIKEiD nous emmène au Japon, où la firme vient de sortir une nouvelle pompe de running : la Jasari, exclusivement disponible sur la plateforme web de customisation. Ce qui interpelle dans cette opération de lancement « virale », c’est la force avec laquelle la marque a su communiquer le bénéfice d’une telle paire de basket. Pour vendre un modèle de chaussures de sport identitaire, Nike s’est tout simplement approprié le média le plus identiataire qui  soit :    le blog !

Encore fallait-il parvenir à séduire le blogger buté, pour qu’il accepte de devenir le véhicule d’une publicité gratuite. La contrepartie promise par Nike ? Non seulement un film sympa au niveau du contenu qui anime le blog à travers un déploiement de couleurs chatoyantes, mais surtout, une offre de visibilité démultipliée. Chaque blog ayant posté le film devient le maillon d’un chaine de milliers de blogs connectés. L’Internaute entamant le visionage de la vidéo est ainsi conduit, au terme de 10 secondes de film, sur « le blog-maillon » suivant pour y découvrir la suite de l’épisode… Après un voyage long de trois visites, il est automatiquement transféré sur le  site officiel de l’opération. Le plus simple pour comprendre est d’en faire l’expérience… Cliquez… Mais n’oubliez surtout pas de revenir !

(ndlr : système dévitalisé depuis juillet 2008 !)

La chaine de blogs

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Le serpent de blogs :

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08.02.2008

Plongé dans "La Société de consommation"

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C’est un homme. Les fines lignes noires et cisaillantes du texte nous le disent, agissant en surimpression comme cachet de bonne foi, garant de l’authenticité de la bête qui nous est présentée. Sa barbe en atteste également, tout comme la platitude de son torse et les veines qui strient ses mains. Nous noterons toutefois que la première capitale du mot est légèrement plus prononcée, comme pour marquer, par un effet de majuscule, le caractère générique du terme employé. Il s’agit moins « d’un » homme en particulier , que « de l’homme » de sexe masculin dans son acceptation la plus large ; d’une définition du mâle contemporain, en somme.

Pour le représenter l’annonce n’a  pas choisi une foule d’individus hétérogènes – « united » – mais bien au contraire, un seul homme, torse nu, avec pour seul attirail un jean et un livre. La simplicité est de rigueur dans cette photographie : pas de masse populaire assurant la représentation d’une pluralité d’individus, ni de liesse colorée abolissant les différences pour souder l’humanité dans le magma d’un melting pot fédérateur : un homme seul, blanc sur fond blanc, érigé en symbole du mâle contemporain.

Le voici donc, dans sa neutralité évanescente, comme sur la page blanche d’un dictionnaire illustré, l’homme contemporain : il porte une toile de denim à peine délavée, sculptant délicatement ses hanches, prolongée de légères traces de bronzage à peine visibles, signe d’un maillot de bain qui, sous le soleil de l’été passé, fut remonté trop près du nombril. Il a, semble-t-il, préféré se raser le torse plutôt que la barbe et surveillé sa ligne plutôt que ses abdominos. Sur son corps lisse aux discrets reflets d’airain, il s’est minutieusement étalé la graisse bienfaitrice d’une crème revitalisante fonctionnant comme une fine couche de verni sur ses pectoraux de statue de cire.

L’homme tient La Société de consommation entre ses mains. L’ouvrage qu’il consulte est-il son mode d’emploi – recueille de précieux conseils balisant son accès ? Ou est-il le parfait méthodologique de sa critique – une mise en garde illustrée d’un compte-rendu d’exploration distanciée ? Est-il finalement une manière de la vivre ou de l’affronter ? Peut-être se le demande-t-il. Son regard est, quoi qu’il en soit, emprunt d’un sursaut de conscience stupéfait. Il s’est extrait de sa lecture comme pour vérifier, par-delà la photographie qui l’encapsule, si ce que dit le contenu de l’ouvrage est bien vrai. Il lit dans nos yeux d’observant ce qu’il a probablement déjà lu au fil des lignes de ce texte. Son regard devient à la fois une symétrie et une défiance. Frontal, il nous fait face, miroir de notre image d’individus plongés, les yeux grand ouvert, dans le bassin de la société de consommation. Réfléchi, il s’adresse à nous,  comme pour nous inviter à challenger cette société.
 
L'homme est ainsi. Plongé. Tant dans la société que dans le livre. Après avoir longuement erré, l’œil égaré dans les méandres de la société de consommation, il prend conscience de son état de particule, indivisible de cette société. Il s’intéresse dès lors à sa critique, en fait son livre de chevet, son discours aux accents dénonciateurs, sans pour autant se déshabiller de son blue-jean ni se débarasser de sa crème de beauté. Nous sommes finalement comme cet anonyme au regard fixe qui, après avoir fait les soldes aux Galeries Lafayette, se fait sincèrement le prêcheur de la bonne parole : bras levés, mains jointes en support respectueux d’une nouvelle bible anti-libérale, comme un bon pasteur levant le reccueil des saintes écritures et demandant à l’assemblée d’acclamer la nouvelle parole révolutionnaire. Il aurait pu travailler dans la publicité tout en lui crachant dessus, que nous n’aurions pas été surpris.

 

18.01.2008

Le double déshabillé

 

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D’abord, déshabillez la du regard avant qu’elle ne se déshabille. Partez de son pieds nu et blanc et remontez vers sa cuisse : sa même blancheur immaculée est mouchetée d'un bleu, tout léger, à la suite d’une tape que lui aurait porté son petit frère. Et avez-vous remarqué derrière son poing serré, l’enfilade de montres multicolores que portent d’habitude les petites filles en guise de bracelets quand elles n’ont pas encore de bijoux ? Allez ensuite croiser son regard : il en dit long, quand son petit doigt en dit court. Ses yeux sont un appel, son auriculaire une invitation. Elle ne vous a pas pointé du doigt, elle l’a directement placé dans sa bouche. Posé, plus exactement, sur sa lèvre inférieure qui berce un sourire faussement timide. On retrouve dans sa moue l’embarras d’une enfant qui ne connaît pas sa leçon ou le plaisir coupable d’une jeune fille qui regarde les garçons au bal des débutantes. Ou peut-être est-ce tout simplement le trac hésitant de la jeune comédienne qu’elle est en réalité. Le trac de Léa. Innocente Léa, pas tout à fait prête, mais tellement impatiente de vivre son premier lever de rideau…