09.06.2008

Chew it ! That's fucking tasty

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Remix de J-Cast, par Chew-Fu Phat , pioché dans les mythiques mixtapes de l'asile pop

Peaceful tellers

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15.05.2008

Violence déambulatoire

Alors que l’on se remet à peine de nos émois, l’esprit encore tout chamboulé par les coups de matraque des huit blousons de cuir siglés de la croix tridimensionnelle de Justice, remémorons-nous un autre clip, au principe déambulatoire similaire, qui n’a semble t-il pas provoqué les mêmes remous en son temps. Dans une longue séquence en caméra subjective, Smack my bitch up  de Prodigy faisait alors « l’apologie » de la cocaïne, du bourrage de gueule, de la conduite en état d’ivresse, de la violence faite au femme, de la baston pure et dure, de la dégradation de mobilier urbain, de la prostitution… Après avoir vu ce clip, pourrez-vous encore vous regarder dans la glace, sans y voir trouble ?

05.05.2008

Que Justice soit faite

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Après avoir fréquenté les Tunning Meetings des parkings du Nord-Pas-de-Calais pour le clip de DJ Mehdi, Romain Gavras, réalisateur du collectif Kourtrajmé, signe un second clip pour le label Ed Banger et son duo fétiche : Justice. Finies les animations typographiques fluorescentes qui prenaient vie sur les t-shirts de Dance. Conformément à l’ambiance un brin glauque qui caractérise le style Gavras et sa manière de filmer des faits sociaux de manière quasi-chirurgicale, l’ambiance est un peu moins festive et autrement plus angoissante.

Fidèle au titre de la chanson – « Stress » – dont le rythme effréné aurait tendance à faire quadrupler les pulsations cardiaques d’un quidam sur le dancefloor,  Romain Gavras place le spectateur dans une atmosphère sous haute tension. Caméra au poing, vibrant au rythme d’un sprint tracé dans les couloirs du RER, le réalisateur suit la déambulation ultra-violente de huit lascars. Des HLM d’une cité aussi grise que le ciel qui la couvre, jusqu’aux marches bénies du Sacré-Cœur, les huit mercenaires, matraques et bombes de peintures à la main, sèment la terreur sur leur passage. Une terreur brute, gratuite, haineuse, à faire pâlir n’importe quel bourgeois-intra-muros.

Que doit-on voir en filigrane de ce crescendo de violences montré par un réalisateur déjà controversé ? Il semble qu’il n’y ait aucune dénonciation à l’œuvre dans ces images. Elles ne font allusion à aucun système social mal goupillé, aucun contexte politique tordu, aucun événement annexe prompt à la révolution (contrairement à La Haine de M. Kassovitz, à laquelle on ne peut s’empêcher de penser). Leur force d’impact vient de leur gratuité : Justice et Gavras, ont cherché l’électrochoc pur et simple.

330960139.jpgOn ne peut cependant s’empêcher de voir au travers de ses huit semeurs de trouble, une allégorie renvoyant vers un autre âge. Celui des croisades, où sous couverts de sainteté, de piètres chevaliers, mettaient à sac de paisibles villes, pillaient leur richesse, violaient les femmes et tuaient les enfants. Ces jeunes sont-ils les croisés des temps modernes qui, au nom d’une croix signifiant « Justice », portée au dos de leur blouson de cuir (au lieu des bannières des chevaliers) dépassent les frontières du périphérique comme s’ils prenaient d’assaut les murs de Constantinople ?

On pourra se plaindre d’une telle violence. Mais derrière l’électrochoc, renaît la créativité. Quelle créativité ? Celle qui, au-delà de toute question de goût et d'interprétation, unit deux djs et un réalisateur encore en mesure de susciter par leur oeuvre commune, la controverse, le débat, la passion. C’est parce que cette vidéo, qui est autant le dernier clip de Justice qu’un court-métrage de Romain Gavras, sent le gaz d’échappement, qu’elle est aussi un immense bol d’air.

 

27.03.2008

At first sight

Avez-vous remarqué comme le contenu d'un œuvre artistique représente parfois, trait pour trait et au-delà de toute entreprise d'auto-portrait, le visage de son auteur ; comme le dessin d’un clair de lune perçant la brume, se conforme aux traits pensifs et nostalgiques de Friedrich ; comme les detours sinueux d’une vidéo lynchéenne se meuvent dans la coupe de cheveux de son réalisateur… Et je serais prêt à parier que la corpulence d’un peintre anonyme de l’école flamande se conforme parfaitement à la nature morte d’une table de réception généreusement dressée, chargée de plateaux de sangliers en sauce chasseur. Enfin, cela vaut aussi pour la musique, comme l’illustre la photo de cette jeune citadine américaine fraîchement débarquée à Paris et dont les yeux amandes laissent encore transparaître les assauts lumineux des stroboscopes au cours de la nuit passée. Écoutez comme son mix lui ressemble...
 
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20:23 Publié dans Muzik | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : uffie

23.01.2008

"Gentiment je t'immole"

Les paroles de cette chanson prennent difficilement leur sens lorsqu’elles ne sont pas chantées par la voix douce et mélodique de Mai Lan, ni pourvues de leur délicat accompagnement acoustique. Ce qui sur le papier adopte le contour animal d’un appel à la haine s’avère, en musique, être en fait une formidable recette cathartique.

Les mots sonnent drus à la lecture et charcutent la bienséance à grands coups de hachoirs. Chaque couplet se transforme en séance de torture au canif avant que le refrain ne prenne le relais et se charge d’achever au chalumeau ce qu’il reste de nos petites âmes sensibles. À mesure qu’il progresse, le récit devient celui d’un psychopathe tenant un journal intime, prenant le temps et le plaisir d’exposer en vers ses funestes plans. La page griffonnée paraît enfin s’être transformée en un recueil d’insultes aussi abjectes que gratuites, écritent soigneusement, rouge sur blanc, avec le sang d’un enfant mort. Alors qu’il y a plus de dix ans Mathieu K. mettait la société dans la peau d’un homme qui tombait d’un immeuble de cinquante étages, nous assurant que « jusqu’ici, tout [allait] bien », il semble que la chute soit arrivée à son terme : on baigne dans La Haine à l’état pur.

Et pourtant la rime raisonne. Il y a de l’art dans cette haine là. Ce qui l’a rend aussi belle que cruelle, c’est qu’elle n’est dénonciatrice de rien. Et, lorsque l’animosité viscérale se calle sur un air de guitare et se trouve murmurée par le timbre de voix apaisant de celle qui la déclame, on en vient à boire ces dures paroles comme une eau de jouvence gracieusement impure. La page qui fut probablement un défouloir pour son auteur, devient une musique agréablement purgative pour son auditeur : désirs de violences, phantasmes de viols, velléités de haine et de mépris sont exposés à son oreille par la moyen d’une musique cathartique, calme et reposée. Une incitation à la haine ? Une expulsion définitive de celle-ci. Quand on dit que la musique adoucit les mœurs…

NB : Gentiment je t’immole est issue la bande originale du film Sheitan du collectif Kourtrajmé.

 

Gentiment je t'immole, Mai Lan

Espèce d'hindou rien à foutre tu viens d'où
Quinze coups dans la gueule, j'ai la main lourde
Je déterre ta grand mère et la viole comme une chienne
Et si t'es pas content, je viole ton père
Prêt pour la douche ? Je te pisse dessus
Et je te brise le cul, petit fils de pute
Je te fist nu, ne te crispe plus

Vulgaire comme la chatte à ta meuf
Ramène tout ton clan et ta mère à la cave
Près pour la tournante ? Je vais te faire un nouveau frère
Ne pleure pas pédale de merde
C'est mortel, c'est le bordel
Ecrase le blunt et protège tes seufs
C'est la guerre espèce de petit batard
N'aies pas peur et crève petit hataï

Refrain:
Que des batards de barbares
Que des batards de barbares
Que des batards de barbares
Tu cries comme une pute, ta peau se décolle
Que des batards de barbares
Gentiment je t'immole

Je suis une bombe humaine dans une maternelle
Un cutter dans le coeur de ton paternel
J'ai mis ta mère en vente sur internet
Et je fais tapiner ta soeur on vient m'interner
Coke dans le zen, pompe sur la tempe
Obtempère, pédale de merde
J'appelle à la haine, au meurtre, au viol et à la tuerie, au massacre, à la furie, au napalm

Refrain x2

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