02.07.2008

2 weeks

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Certaines séquences de films n'ont pas contribué à forger le mythe du septième art mais entretiennent pourtant une part de mythologie. Même si elles n'ont pour ainsi dire jamais marqué de leur empreinte les mémoires de publics en émois, ni même retenues l'attention de la critique cinéphile, elle constituent de véritables petits bijoux réminiscents. Ainsi en est-il pour cet extrait de Total Recall, qui laisse entrevoir notre ancien Mister Univers (aujourd’hui reconverti en gouverneur de Calfornie) grimé en abominable bonne femme. Dès le premier plan, ceux que cette scène aura marqués en son temps (1990), se réjouiront de retrouver la mine grimaçante - et traumatisante, quand on a 8 ans - de cette grosse américaine rousse et permanentée. Et preuve que le mythe se construit pas à pas : un groupe vient d'être fondé sur Facebook en l'honneur de cette magistrale séquence que l'on continue de regarder avec dégout, et avec plaisir.
 
 

20.05.2008

Un été, sous la tentacule

 

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Le tentaculaire Naissance des pieuvres, premier long métrage de Céline Sciamma, revient nous envoûter en DVD. Ce petit bijou sortit discrètement l’année dernière narre la relation triangulaire de trois adolescentes qui se croisent un été dans les vestiaires humide d’une piscine. Marie, jeune-fille rêveuse et silencieuse entretient une amitié cruelle avec Anne, « la grosse », jusqu’au jour ou elle croise la beauté autoritaire de Florianne, pour laquelle elle entretient une sorte de fascination mystique. Florianne, est quant à elle une fille de réputation : elle est la capitaine de son équipe de natation synchronisée, mais elle est aussi, à tort, au yeux de ses copines, « celle qui couche ». Sur le carrelage éclaboussé de la piscine s’éveillent alors les premiers émois sexuels de ces sirènes échouées. Quand on a 15 ans, difficile de définir et de comprendre son désir pour une personne du même sexe. Cette sublime plongée en apnée, dans l’atmosphère moite et chlorée de la piscine, sonde les silences de l’adolescence et ausculte la naissance du désir. Dans un univers sans parents, vibrant au rythme de balais aquatiques sur fond de musique hypnotique, les tentacules se nouent et se dénouent dans le grand bassin de la vie. Et nous de les regarder d’un air médusé.

 

20.03.2008

Freddy Krueger m’a laissé tomber

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Derrière le visage monstrueux de Freddy Krueger, consumé par les flammes et par la haine, c’est bien plus qu’un monstre qui se dessine. C’est un mythe qui se réécrit. Celui du croque-mitaine : cette créature infâme qui hante les nuits des enfants en se dissimulant sous leur lit ou dans la pénombre de leur placard. Pis encore, ce croque-mitaine dont on parle a élu domicile dans leur propre rêve ; une vie paradoxale à laquelle, une fois les yeux fermés, nul ne peut échapper. Il n’est plus la peine d’espérer pouvoir rejoindre en courant la chambre de ses parents, comme il l’eut été possible, en un temps, face aux piètres fantômes en chemise de nuit. Les rêves hantés par Freddy Krueger - comme tout autre rêve - n’ont, hélas, aucune issue. Quand le cauchemar s’installe, il dure jusqu’à ce que la fatigue s’estompe. La seule solution pour échapper à la traque de ce terrible croque-mitaine ? Ne pas dormir et lutter, lutter jusqu’à ce que, malgré vous, tombent vos paupières lourdes de fatigue, et vous enrobe la terrible douceur d’une brume somnifère.

En écrivant ceci, j’exorcise mes peurs d’enfants, bien sûr. Derrière ces quelques phrases se consument les braises encore chaudes d’une terreur de petit garçon, redoutant toujours de sentir au détour d’un rêve éveillé, la main froide aux griffes d’acier, agripper ses frêles chevilles au sortir du lit. Mais le petit garçon, devenu grand, tient surtout à régler ses comptes…  Enfant, j’ai passé trop de nuits à ne pas dormir alors que j’en avais la force, l’envie, les moyens. Mais aujourd’hui, rongé par le cauchemar de la vie active, hanté par les griffes incisives du devoir d’être et de paraître au quotidien, je ne trouve plus le sommeil dont Freddy m’ouvrait autrefois les limbes. Que d’opportunités de sommeil gâchées, laissées à l'époque aux griffes de ce croque-mitaine sans scrupule ! Mais, pire que tout : Freddy m’a laissé tomber, me renvoyant à ma condition d’adulte insomniaque, obnubilé par ses problèmes quotidiens. Si auparavant, je mourais de peur de m’endormir, aujourd’hui, je mourrais pour pouvoir dormir. Mon désir le plus cher : me sacrifier aux griffes du croque-mitaine de mon enfance pour oublier tous les problèmes d’une vie loin de ce jeune âge terrorisé mais, tristement, presque déjà oublié.

 

18.01.2008

Ils vont nous niquer à mort... Enfin, surtout toi.