30.09.2008

Le New Deal de Kourtrajmé

Image 2.png

"Regarde on dirait pas Bagdad ce bâtiment ? Y pue pas sa grand mère ? Ici c'est la merde mon frère." En capturant le discours de Byron, le tôlier de la cité, la caméra de Ladj Ly a encore frappé. Habitué au style documentaire, l'un des piliers de Kourtrajmé, auteur du surviolent "365 jours à Clichy Montfermeil" tourné caméra à l'épaule lors des émeutes post-CPE, réitère avec "Go fast connexion". Même climat pesant, même atmosphère glauque, même envie de tout brûler. Mais cette fois l'ambiance est moins cocktail molotoff et plus tarpé. Le réalisateur plonge en apnée dans la fumée lourde et épaisse du trafic de bedo. A 20 minutes de Paris, les dealers sont à huit heures sur le ter-ter et les kilos de shit se découpent comme des plaquettes de beurre. Au milieu des buildings blafards aux murs décrépis, les quartiers sont des "territoires", les amis sont des "collègues" et les les flics, tous des "fils de pute"... Et si cela n'était qu'une fiction ? C'est ce que nous apprend la chute de ce bel exercice de style.  En l'espace d'une vingtaine de minutes Ladj Ly, démonte le système du documentaire anxiogène façon TF1 et nous remet le nez face une cité où la seule chose qui reste à faire, c’est dealer dans des cages d’escalier. Comment faire d'une fiction une  œuvre plus vraie que nature.

 

22.09.2008

Merci de ne pas nourrir les oeuvres

38906.jpg

En avril dernier un gigantesque lombric avait percé le sol des galeries flamandes du musée du Louvres pour s’installer à côté des toiles de Rubens. Le responsable de ce parasitage n’était autre que le plus contemporain des artistes flamands, Jan Fabre, déclarant s’être lui-même représenté dans cet « Autoportrait en plus grand verre de terre du monde ». Cinq mois plus tard et à quelques résidences princières de là, le château de Fontainebleau a ouvert les portes de ses fastueux salons à plusieurs exposants du Palais de Tokyo. Parmi ces invités, l’artiste Daniel Firman, choisit d’investir les lieux avec son animal domestique empaillé : un éléphant grandeur nature, tenant en équilibre sur sa trompe dans la bibliothèque boisée de la galerie de Diane. Vient enfin s’ajouter à ce duo d’artistes contemporains portés sur nos amis les bêtes, le déjà culte Jeff Koons qui a ponctué la visite du château de Versailles de quelques animaux disposés ici et là, dont le fameux Lobster, un homard à échelle 400%, pendu les pinces en haut et la tête en bas dans le rougeoyant salon de Mars.

elephant.png

Le geste autant que l’œuvre a une portée artistique, qui puise sa source dans la confrontation des genres. On doute d’ailleurs que le choc des époques puisse encore choquer quelques rétrogrades… Bien que l’on s’amuse à imaginer un personnage s’offusquant de cette « vulgarité ». Non, ce n’est plus possible. Surtout si ces installations ont aujourd’hui plus valeur de divertissement que de provocation. Elles ponctuent agréablement les visites d’irruptions contemporaines qui se laissent aussi bien regarder qu’un clip d’Eminem au milieu d’une émission fleuve de cinq heures sur l’art baroque. On se prendrait même à croire que l’installation est un « animal » nécessaire pour attirer le chaland, vers une histoire désormais trop loin pour qu’on puisse encore spontanément s’y intéresser.

Image 13.png

Mais entendons-nous ! Ce n’est pas parce une installation contemporaine est un divertissement, qu’elle doit passer outre les interprétations : en voici donc une, qui pourra paraître aussi fantasque qu’un homard géant suspendu comme un lustre dans un salon du château de Versailles. Nous remercierons ces trois artistes pour leur œuvre aristotélicienne cernant l’homme dans sa condition d’animal politique sur ces anciens lieux de pouvoir. Par leurs querelles médiatiques, leurs luttes d’ego et leurs « petites phrases » à répétition, les animaux qui nous gouvernent finissent par ne plus ressembler au loup, au lion ou au renard, à l’image du Prince de Machiavel, mais à de vulgaires animaux figés dans l’embarras de lombrics et de crustacés. Il est donc temps de redonner aux lions leurs lettres de noblesses. Artistes contemporains, continuez de faire passer le message. Courez donc installer trônes et baldaquins dans les cages du zoo de Vincennes.

10.09.2008

!!!!! Attention Danger !!!!!

 

Germany - Berlin - 03/21 2008


podcast

Danger, 11H30

Avec un son aux durs accents de french touch gonflé aux hormones et sa manie d'apparaître masqué, Danger a du souvent s'entendre dire "mais tu te prends pour Guillaume Emmanuel Paul de Homem-Christo ou quoi ?". Ce qui lui est probablement passé par-dessus le collant qui lui sert de tête, emporté qu’il était par la magie gesticulatoire de son trip. Et ce qu’on comprendra d’ailleurs tout à fait, nous-mêmes envoûtés par cette dangereuse rythmique.

 

09.09.2008

Martyrs (post in progress)

Image 1.png

Share on Facebook

Toutes les notes