« 2008-05 | Page d'accueil | 2008-07 »

23.06.2008

Gare au gorille qui sommeille en vous

Image 8.png

Succédant au people du cinéma, le gratin publicitaire envahissait la croisette cannoise tout au long de la semaine dernière. Dans le palais des festivals se déroulait le Cannes Lions Festival qui remettait son lot de trophées aux agences les plus créatives de la planète. Le Grand Prix Film, la plus prestigieuse des récompenses, a cette année été décerné à l'agence londonienne Fallon, auteur d'un étrange film pour Cadburry. Au son pour le moins aérien de « In the air tonight », signé Phil Collins, la monumentale tête d'un gorille est filmée en plan serré. La caméra souligne avec une attention particulière le détail des expressions qui se lisent sur le visage de la bête anthropomorphisée. L’animal à la peau noire et cuivrée ferme les yeux, se concentre, brasse de longues bouffées d'air par ses naseaux de géant et, dans une demi-transe, bascule la tête d’avant en arrière. Soudain, comme pour marquer le pas d’une envolée, un léger rictus emprunt de férocité se distingue sur ses lèvres. Le plan de la caméra s’élargie alors pour laisser voir l’animal assis derrière une batterie, interprétant avec ardeur l’un des plus beau riff de batterie de tous les temps.

Image improbable que ce gorille installé derrière ses cymbales et sa grosse caisse, s’acharnant avec furie sur son instrument de bois, de fer et de peau. D’autant plus improbable que l’on se surprend, en tant que spectateur, à adopter les mêmes expressions faciales que cet animal sauvage emporté par les lois du beat. Quatre vint dix secondes d’émotions suffisent en effet à réveiller le gorille à la batterie qui sommeille en chacun de nous. C’est là la force de cette publicité qui n’a, a priori, rien à voir avec le produit qu’elle est sensée vendre (une tablette de chocolat au lait) : provoquer une courte mais intense séquence de bonheur, destinée à hérisser le poil du spectateur qui s’est mû en une touffe aussi drue que celle du primate. Une minute trente d’émotion. Juste le temps d’un carré de chocolat.

 

18.06.2008

1545689473_543704e679.jpg

 

podcast

 

11.06.2008

Au nom du Père, du Fils et de l'iPhone 3G

Image 5.png
 
La rumeur bruissait sur la toile, en attendant le fameux « keynote » de Steve Jobs, en direct de San Francisco. Et au soir du 9 juin, la rumeur se confirma : la version deux de l’iPhone, qui porte pourtant le nom de troisième génération, était là. Comme la croix suspendue du messie au dessus d’un autel, l’iPhone 3G, sublimé par un léger effet de reflet immaculé, flottait sur écran géant, derrière le visage fier de son créateur.

La créature, valait la peine d’attendre semble-t-il. Là où les attaques se concentraient sur son manque de dextérité cet engin sera environ 3 fois plus rapide que son prédécesseur. Il disposera en outre d’une fonction GPS chargée de remettre les égarés sur le droit chemin. Alors restreint à une commercialisation dans 6 pays, l’iPhone 3G ira désormais prêcher la bonne parole à travers 70 destinations. Mais surtout, la marque investit de manière sérieuse la terre promise « entreprise », jusqu’alors propriété de son concurrent Blackberry (RIM) en se dotant du système sécurisé Microsoft Exchange et d’une nouvelle interface « Mobile me » permettant de synchroniser son iPhone à ses ordinateurs.
 
Image 11.png
Le nouveau produit, accouché de la firme de Cupertino à tout l’air d’un miracle. Du moins dans la manière dont il est présenté, car ce qui frappe dans cet événement, c'est autant le produit que le procédé d'annonce ; le pope de la grand messe, n’étant autre que Steve Jobs. Debout, la mine confiante et sereine, acclamé au terme de chacune de ses annonces par une foule de mac-addict en totale symbiose, éblouie par cette sorte de divinité mystique en représentation. Dans sa longue homélie, à la gloire de son nouveau bijou technologique, Steve Jobs a le verbe précis, un sens de la conviction tranchant. Qui ne serait pas en accord avec, le président-fondateur d’Apple ? Vêtu de son éternel et sobre col roulé noir, devenu le code vestimentaire de sa sainteté - et dans le même temps le pieux vêtement de ses sermons - il proclamme sa bonne parole de « téléphonangéliste ». Pareil aux prêcheurs télévisuels, steve jobs nous fait adhérer, les yeux grands ouverts face à notre écran d’ordinateur, à la doctrine d’une Eglise ayant choisit la pomme pour symbole. Gare à ce que la célébration mystique ne devienne pas mystification. Car c’est en savourant la pomme, que l’homme vint au pêché. 

09.06.2008

Chew it ! That's fucking tasty

Image 2.png

 

podcast
 
Remix de J-Cast, par Chew-Fu Phat , pioché dans les mythiques mixtapes de l'asile pop

Peaceful tellers

tellers-the-hands-full-of-ink-712.jpg
 
écouter
podcast
acheter
itunes-logo.png
 

06.06.2008

United States of Obama

Image 1.png
L'Oeil de Willem, Libération, 06/06/08

 

Ormis Jack Bauer, qui eût pu croire qu'un noir serait dans les starting blocks pour un poste de Président à la Maison Blanche ? Même en rêve, Martin Luther King ne l'imaginait pas. Si seulement, dans le dream de son repos éternel, il pouvait entrevoir ce dessin de Willem qui, d'un oeil averti, nous livre une lecture du résultat des primaires démocrates. Hilary a vu son rêve de présidence déchu, mais, qui sait, peut être qu'en 2014, le "deuxième sexe" tirera un trait sur son image de première dame, pour devenir première Présidente.  

Toutes les notes