« iconique.net : entre images et usages | Page d'accueil | NIKEiD : véhicule d'identité »

20.03.2008

Freddy Krueger m’a laissé tomber

265723652.jpg
 
Derrière le visage monstrueux de Freddy Krueger, consumé par les flammes et par la haine, c’est bien plus qu’un monstre qui se dessine. C’est un mythe qui se réécrit. Celui du croque-mitaine : cette créature infâme qui hante les nuits des enfants en se dissimulant sous leur lit ou dans la pénombre de leur placard. Pis encore, ce croque-mitaine dont on parle a élu domicile dans leur propre rêve ; une vie paradoxale à laquelle, une fois les yeux fermés, nul ne peut échapper. Il n’est plus la peine d’espérer pouvoir rejoindre en courant la chambre de ses parents, comme il l’eut été possible, en un temps, face aux piètres fantômes en chemise de nuit. Les rêves hantés par Freddy Krueger - comme tout autre rêve - n’ont, hélas, aucune issue. Quand le cauchemar s’installe, il dure jusqu’à ce que la fatigue s’estompe. La seule solution pour échapper à la traque de ce terrible croque-mitaine ? Ne pas dormir et lutter, lutter jusqu’à ce que, malgré vous, tombent vos paupières lourdes de fatigue, et vous enrobe la terrible douceur d’une brume somnifère.

En écrivant ceci, j’exorcise mes peurs d’enfants, bien sûr. Derrière ces quelques phrases se consument les braises encore chaudes d’une terreur de petit garçon, redoutant toujours de sentir au détour d’un rêve éveillé, la main froide aux griffes d’acier, agripper ses frêles chevilles au sortir du lit. Mais le petit garçon, devenu grand, tient surtout à régler ses comptes…  Enfant, j’ai passé trop de nuits à ne pas dormir alors que j’en avais la force, l’envie, les moyens. Mais aujourd’hui, rongé par le cauchemar de la vie active, hanté par les griffes incisives du devoir d’être et de paraître au quotidien, je ne trouve plus le sommeil dont Freddy m’ouvrait autrefois les limbes. Que d’opportunités de sommeil gâchées, laissées à l'époque aux griffes de ce croque-mitaine sans scrupule ! Mais, pire que tout : Freddy m’a laissé tomber, me renvoyant à ma condition d’adulte insomniaque, obnubilé par ses problèmes quotidiens. Si auparavant, je mourais de peur de m’endormir, aujourd’hui, je mourrais pour pouvoir dormir. Mon désir le plus cher : me sacrifier aux griffes du croque-mitaine de mon enfance pour oublier tous les problèmes d’une vie loin de ce jeune âge terrorisé mais, tristement, presque déjà oublié.

 

Commentaires

Jamais trippé sur le croque-mitaine. Mais à bien y réfléchir...

Ecrit par : castor | 21.03.2008

Même que j'ai jamais eu peur de Freddy. Et question sommeil on peut pas dire que je rate souvent le marchand de sable. Je suis surement encore dans mon rêve...

Ecrit par : S. | 21.03.2008

Ecrire un commentaire